Il était une fois… Sarah Palin

Mercredi soir, je faisais mon jogging sur un tapis roulant de la salle de gym, le regard fixé vers l’écran de télé où CNN commentait l’arrivée de Sarah Palin à l’aéroport de Fairbanks, en Alaska. C’était le grand retour à la maison de la candidate à la vice-présidence après la convention républicaine de Saint-Paul et quelques meetings dans le pays avec son colistier John McCain. C’était la première fois que Sarah Palin rentrait chez elle depuis son accession au rang de nouvelle star des Etats-Unis. Et donc, elle était attendue de pied ferme. La foule se pressait sur le tarmac, chantant « Sarah », cette héroïne qui allait enfin sortir la (faible) population d’Alaska de l’indifférence générale. Et CNN de rappeler en boucle, avant que l’avion n’aterrisse, comme cet instant était historique dans la vie politique américaine. Au point que le suspens devenait haletant : je ne pouvais plus décrocher mon regard de l’écran,

La veille, je courais sur le même tapis, les yeux fixés vers le même écran. Les commentateurs politiques se succédaient sur CNN et ils n’avaient qu’un seul nom à la bouche, décliné à toutes les sauces : Sarah Palin. L’effet Palin, le phénomène Palin, le mystère Palin. L’impressionnant come back (sondages prometteurs, moral en hausse…) des Républicains dans la campagne depuis sa nomination. Sa biographie digne d’un film hollywoodien (concours de beauté, compétitions de basketball…) passée au peigne fin par une presse qui commençait à manquer de sujets sur la présidentielle. Les interrogations qu’elle suscite sur des sujets controversés (avortement, créationnisme) pour lesquels elle ne s’est pas encore clairement expliquée. On ne parlait que de Sarah Palin ce soir-là. Comme la veille. Et comme le lendemain.

Sarah Palin (Photo : AP)

En fait, on ne parle plus que de Sarah Palin ici. Elle fait la une des journaux, des magazines. Newsweek titrait récemment sur une nouvelle science, la « Palinologie ». En quelques jours, elle est devenue le phénomène médiatique de la rentrée. Elle a ringardisé Barack Obama, qui semble pris de court, ne sachant plus comment attirer l’attention qu’on lui a généreusement porté pendant 18 mois, s’emmêlant les pieds dans des histoires de cochon et de rouge à lèvres. Elle a éclipsé Joe Biden, qui paraît bien fade, voire transparent, loin de sa réputation de boute-en-train.

On dirait que Sarah Palin est candidate à la Maison Blanche. John McCain lui-même semble relégué au second plan. Mais il se frotte les mains, relançant habilement une campagne qui n’inspirait pas les Républicains. Choisir Sarah Palin comme colistière était un pari audacieux, il s’avère payant. Les Américains aiment se raconter des histoires « bigger than life », en voilà une sur mesure. Une mère courage venue du grand froid qui élève 5 enfants, dont le dernier atteint d’une maladie génétique. Une femme battante qui chasse le caribou, fait plier les barons locaux et s’impose comme gouverneur de l’Alaska à la surprise générale. Une conservatrice qui travaille d’arrache-pied pour restaurer la morale, sa morale, en politique. Tous les ingrédients d’une « success story » improbable sont réunis. Improbable, mais pas impossible. Scénario à suivre, donc.

Publicités

Une Réponse

  1. Serait-ce que la femme qui venait du froid chaufferait les oreilles de Barack ? Il va virer au rouge de rage si elle s’obstine à lui voler la vedette. Garde ton sang froid, beau brun ! et touche pas au cochon,
    on l’aime le cochon, tout est bon dans le cochon,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :