J’ai entendu un « Obamacon » quelque part

Après les néocons, les Obamacons ! Obamacon ? Curieux néologisme employé aujourd’hui par l’éditorialiste influent Robert D. Novak dans sa tribune du Washington Post (le quotidien concurrent – en plus prestigieux, hum – de mon Washington Times). Par « Obamacon », Novak identifie les conservateurs pro-Obama, ou du moins les Républicains qui semblent prendre leur distance vis-à-vis de « leur » candidat naturel, John McCain. Une tendance en pleine émergence semble-t-il. Pour l’instant, Novak en compte au moins deux : l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell et… Chuck Hagel, ex-sénateur républicain du Nebraska. Lequel ex-sénateur ai-je entendu ce matin, lors de son discours sur la politique étrangère donné à la presitigieuse Brookings Institution à l’occasion de la publication de son livre America: our next chapter. (pour faire court, la Brookings Institution est ce « think tank » – ou « cercle de réflexions » – très réputé à Washington au sein duquel de nombreux chercheurs conduisent des travaux destinés à influencer les décideurs politiques).

Chuck Hagel serait donc un Obamacon. Voyons cela de plus près. Vétéran du Vietnam, expert écouté sur les relations internationales, Chuck Hagel s’est livré ce matin à un exercice un tantinet professoral mais néanmoins nécessaire de « mémo » adressé aux deux candidats à la Maison Blanche pour leur rappeler quelles devaient être les priorités des Etats-Unis en terme de politique étrangère pour les années à venir. Une manière d’élever dès maintenant le débat de la campagne qui s’annonce, sans jamais soutenir un candidat en particulier. « Je pense que ce qui attend le prochain président est un cocktail de problèmes encore plus complexe que ce qu’a du affronter Franklin Roosevelt en 1933 (à cette époque le président démocrate prit ses fonctions en plein crise économique post-krach boursier de 1929 et en période de fortes tensions internationales qui allaient conduire à la Seconde Guerre mondiale, ndlr) et il lui faudra le même courage dans sa prise d’initiatives que Roosevelt eut en son temps, afin de répondre aux défis de notre temps« .

Et d’évoquer les deux guerres, en Irak et en Afghanistan, dans lesquelles les Etats-Unis sont impliqués militairement, la zone instable génératrice de conflits potentiels à la frontière afghano-pakistanaise, les menaces de prolifération nucléaire représentées par l’Iran et la Corée du Nord, les nouveaux défis lancés par la Chine, l’Inde et la Russie, l’extrémisme islamiste à l’oeuvre dans certains pays du Moyen-Orient, la grande pauvreté qui alimente le terrorisme… La liste des « problèmes » auxquels est confrontée simultanément l’Amérique, en effet, est impressionnante. Bon courage au suivant !, semblait dire en substance Chuck Hagel.

Sur tous ces sujets, l’ex-sénateur républicain a tenu à rappeler que les Américains désiraient un « sérieux changement de direction » dans la politique conduite à Washington. En effet, « des chiffres historiques » relevés par les sondages indiquent un « profond désaccord » des Américains avec leurs leaders. Le nom de George W. Bush n’a jamais été prononcé mais il était dans tous les esprits. D’autant que Chuck Hagel a appeler de ses voeux le futur président à travailler avec les organisations internationales « aussi imparfaites qu’elles soient » car « les larges consensus diplomatique sont les meilleurs moyens d’atteindre des objectifs durables« . Et puis, a-t-il ajouté, « le prochain président devra entreprendre un retrait progressif et responsable des troupes d’Irak qui portera l’occupation américaine à sa fin, lentement mais sûrement« .

Des paroles nuancées, modérées, très applaudies par l’assistance. S’il ne fait nul doute que Chuck Hagel a clairement pris ses distances vis-à-vis de George W. Bush, il était difficile – ce matin du moins – de voir en lui la figure d’un républicain tombé dans la marmite de l' »Obamania ». John McCain a sans doute du souci à se faire si le parti que lui lègue George W. Bush semble désormais « un endroit si difficile pour les Républicains de rester » selon le mot de Robert D. Novak. Mais Barack Obama a certainement encore du travail à fournir s’il veut attirer à lui ces conservateurs égarés en chemin. Pour sûr, la conversion éventuelle de ces orphelins en « Obamacons » sera passionnante à observer. Thank you for letting us know, Bob Novak !

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2 Réponses

  1. wow nice article dude. nicely covered the world point of view. In US we miss the world point of view, i guess we are just too focused about « the US ». I can see that in future you might be great writer! have a great BBQ weekend!

  2. yes, I am in agreement with Vishual, kiss for Baptist and kiss for François L from XV of Paris

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