Municipales Paris : Vendredi soir, c’était apéro de proximité avec Michèle Blumenthal (12ème, PS)

Michèle Blumenthal ne cesse de le répéter : elle mène « une campagne de terrain ». Il n’y a qu’à voir son agenda des municipales : rempli de « café-rencontres » dans le 12ème. Et si on allait taper la discute avec la maire (PS) sortante autour d’un kir ? Chiche !
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Dans le petit café « l’Edelweiss », entre Bercy et le Cour Saint-Emilion, une vingtaine d’habitants du quartier s’est attablée et attend que leur maire, femme robuste de 64 ans, entourée de ses colistiers, prenne la parole. Oh, ils la connaissent bien, Michèle. La plupart d’entre eux fréquente assidûment les conseils de quartier emblématiques de la mandature Delanoë. Les réunions, les séances de questions, les compte-rendus : ils sont rompus à l’exercice. Certains se reconnaissent et s’en félicitent. On est même parfois voisins. Ce petit monde paritaire (une dizaine de femmes, bavardes, pour autant d’hommes, discrets), plutôt actif (peu de retraités et d’étudiants) et socialement mixte, écoute attentivement l’exposé un peu ennuyeux de Madame le Maire pendant que circule la commande. Le kir, donc, arrive en tête des croix.

Dès que la parole est libérée, les mains se lèvent dans un combat poli pour la prendre. A ce petit jeu, une femme à la voix claire et forte excelle, carnet de notes à l’appui, au point qu’il faudra lui demander d’attendre que chacun ait posé sa question avant de revenir vers elle. C’est Christian Sautter, numéro 2 sur la liste Blumenthal, actuel conseiller de Paris et médiateur bourré d’humour, qui le dit. Bon alors d’accord. C’est toujours à ce moment qu’un intervenant, en l’occurence une femme d’origine libanaise, se lance dans une diatribe insolite qui a peu à voir avec l’objet de la rencontre. La femme se lève et prend vigoureusement Michèle Blumenthal à partie, l’accusant d’avoir laissé le Maire de Paris accrocher dans le parc Yitzhak Rabin le portrait de trois soldats israéliens prisonniers au Liban et dans les Territoires palestiniens, sans soutenir en retour Salah Hamouri, « étudiant franco-palestinien détenu en Israël depuis le 13 mars 2005« . Elle s’emporte, rappelle les mots de Nicolas Sarkozy (« J’irai chercher les Français où qu’ils se trouvent« ) et son soutien à Ingrid Betancourt. « Vous affichez ce portrait à côté des autres« , ordonne-t-elle à Michèle Blumenthal qui prend la photo qu’on lui tend sans résistance. Le portrait est distribué à une assistance mi-amusée, mi-irritée, qui reçoit en prime une dissertation sur le conflit au Proche-Orient. « Bon, de toute façon on ne peut rien y faire, est-ce qu’on peut revenir au 12ème ?« , s’agace la femme au carnet de notes.

« J’entends tout le temps parler de logement social. Ne faites pas de Bercy un ghetto!« 

Un homme costard-cravaté prend la parole, en précisant qu’il vient ce soir « en tant que démocrate« . Voilà : il trouve que « la mixité sociale dans le quartier est réussie » et c’est pour cela d’ailleurs que le 12ème « commence à être mondialement connu« . Mais il s’inquiète, « au nom de cette mixité sociale justement« , d’entendre le terme « logement social » comme un refrain dans la bouche de sa candidate. « Attention à ne pas faire de Bercy un ghetto ! Pensez aux fonctionnaires qui ont des revenus confortables ! » Michèle Blumenthal et ses colistiers rient, l’un d’eux glisse à l’oreille : « elle connaît bien la situation ! » Le maire est professeur d’histoire-géographie en lycée, et « ne compte pas faire du quartier un ghetto, rassurez-vous. Le logement social recouvre une réalité très diverse, ce n’est pas forcément ce que vous croyez« .

La discussion glisse vers « les jeunes » dont le comportement exaspère de plus en plus certaines mères de famille présentes. Selon elles, ces jeunes n’ont pas d’occupation, ils trainent, dans la rue et les cages d’escalier, et donc dérangent. « Quand seront-ils encadrés ? » se demande-t-on. Laurent Touzet, de la liste Blumenthal, annonce l’inauguration prochaine de nouveaux équipements sportifs dans le quartier, dont un gymnase. « Mais sont-ils seulement assez courageux pour faire du sport ? » demande une dame âgée, perplexe. « Mais oui, il faut leur donner un ballon à ces gosses » s’exclame Christian Sautter. « Il existe déjà beaucoup de choses pour eux, mais les jeunes ne sont pas à la recherche de l’information, c’est ça le problème ! » s’agace une autre. Laurent Touzet redouble d’efforts. « Il y aura aussi un centre associatif encadré par des éducateurs, donc des professionnels« . Chacun convient dans l’assistance qu’au fond « ce sont les parents qui ne font pas leur travail« .

Une femme saisit au vol la parole, elle doit partir. Elle se plaint du bruit la nuit causé par les livraisons du supermarché en bas, alors qu’on lui avait promis que cela cesserait. C’est là qu’intervient à nouveau la défenseuse de Salah Hamouri, pour dire qu’elle habite la même rue et qu’elle, elle n’entend strictement rien. « Ah bon ? Pourtant c’est insupportable ! » répond la première. « C’est bizarre, quand même ! » relance la seconde. Christian Sautter n’a pas son pareil pour mettre tout le monde d’accord. « C’est cela, vos fenêtres ne doivent pas donner du même côté !« .

« Si la droite passe à Paris, vous aurez la Défense ! »

On évoque les plaques de métal qui se dessoudent dans le roller park, le maintien de la Foire du Trône sur la pelouse de Reuilly, la « Gazette de Bercy » qui ne doit pas disparaître. Et puis, c’est au tour de la femme très bavarde de reprendre la parole. Elle s’inquiète de la possibilité de construire des tours de 15 étages dans le quartier. Michèle Blumenthal dément mollement la rumeur mais semble préparer le terrain avec un argumentaire qu’elle veut convaincant. « Une réflexion intéressante est menée avec les architectes. Ces derniers ont carte blanche pour réaliser des projets originaux, des « éco-quartiers », des logements « Haute Qualité Environnementale » à toits photovoltaïques, des bâtiments du 21ème siècle et même plus ! » A sa mine, la femme paraît sceptique. Trouvaille de Michèle Blumenthal : « Mais rassurez-vous, rien ne sera décidé sans votre consultation« . C’est exactement ce qu’elle voulait entendre. D’ailleurs, son visage se décontracte. « Ah, donc on sera consulté sur les tours. Alors ça va« . Laurent Touzet revient à la charge « Personnellement, je trouve ça très stimulant de voir des projets innovants à l’étude. On réfléchit à des bâtiments qui mêlent logements et activités à chaque palier« . Christian Sautter, ancien ministre de l’Economie, est le plus habile : « Si la droite passe à Paris, vous aurez la Défense ! Ce sont deux conceptions de l’urbanisme qui s’oppose : d’un côté, un quartier de vie avec des logements, des espaces verts et des activités, de l’autre, un quartier de bureaux où il ne se passe rien après 18 heures !« .

Avant de se quitter, la femme au carnet de notes lance une initiative. « Est-ce qu’on peut faire une mailing list pour faire passer les informations recueillies dans ces réunions ? » Michèle Blumenthal n’a qu’à bien se tenir au café : la proximité n’a pas dit son dernier mot.

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Municipales Paris : Contre les « people », Michèle Blumenthal programme les Experts de l' »innovation »

Pour affronter des poids lourds comme Jean-Marie Cavada (tête de liste UMP) et Christine Lagarde (numéro 2) dans l’arrondissement-clé du 12ème, la maire sortante PS Michèle Blumenthal sort le grand jeu. Aux « candidats people » dépêchés par l’UMP, celle dont la notoriété ne dépasse pas les frontières de l’arrondissement oppose les experts reconnus et « respectueux des électeurs ». L’ancien ministre de l’Economie et des Finances (sous Lionel Jospin) et actuel conseiller PS de Paris dans le 12ème Christian Sautter (numéro 2 sur la liste) et son colistier sociologue (estampillé « personnalité d’ouverture ») Jean-Louis Missika participaient mercredi 23 janvier à une réunion publique sur le thème « Développement économique, innovation et emploi« . En guest, l’économiste chouchou des médias Elie Cohen, venu prodiguer ses conseils et analyses. Ce dernier en est convaincu : les grandes métropoles du monde sont désormais en « compétition » pour attirer l’activité et l’atout de Paris réside dans ses « 3 C » : « connaissance« , « création« , et « culture« .

Mais chut, Françoise de Panafieu ne le sait pas encore ! Jean-Louis Missika a compté sur ses doigts. « 12 mots sur l’université » et « 25 mots sur l’innovation » dans le programme de l’adversaire de Bertrand Delanoë. « Mme de Panafieu sait effectivement aller à l’essentiel« , ironise le sociologue en référence au slogan de campagne de la candidate UMP. Le Maire de Paris, lui, « a de l’ambition » : « il a déjà fait beaucoup pendant sept ans » mais il ne compte pas s’arrêter là. « Sous la prochaine mandature, un milliard d’euros sera consacré à l’innovation pour donner à Paris les moyens du rayonnement économique mondial qui lui revient« . Au programme, la création d’une « Agence parisienne de l’innovation », la mise à disposition de 100 000 m2 de « pépinières d’entreprises », le développement de l’accès des PME au très haut débit et un grand pôle universitaire sur Paris-Rive gauche.

Et dans le 12ème ? « Le 12ème a de l’audace ! » mes amis, et c’est Christian Sautter qui le dit. Mais attention, ici, « l’innovation se nourrit de la tradition« , ou comment réunir habilement jeunes branchés et « seniors » dépassés. Exemple de cette savante articulation passé/avenir, le lancement d’un Pôle Artisanal liant l’héritage du faubourg Saint-Antoine et de la prestigieuse Ecole Boulle à de nouvelles structures telles que les Ateliers de Paris, qui accueilleront les jeunes artisans issus des écoles d’art. Ou encore l’ouverture d’un « Institut de la Vision » installé dans le célèbre hôpital des Quinze-Vingts créé par Saint-Louis à destination des aveugles.

Christian Sautter « fait un rêve »

Christian Sautter l’a avoué ce soir-là. Il « fait un rêve, le rêve de Bercy-Charenton« , comme vous aussi certainement. Dans cette zone de friches ferroviaires, le conseiller de Paris, en harmonie avec Jean-Louis Missika, rêve… d’innovation, c’est-à-dire d’aménager un nouveau quartier avec des logements, des espaces verts et des activités. Parmi elles, une « pépinière d’entreprises« , encore. Mieux, elles sera spécialisée dans l' »éco-mob« . Quezaco ? Ces entreprises auront comme priorité d’innover dans la « mobilité durable« , c’est-à-dire dans les nouveaux modes de déplacement. Ouf.

On décline généreusement l' »innovation », mais à Michèle Blumenthal de gérer les affaires courantes. Et la maire du 12ème, autoproclamée « maire de la proximité », de répondre aux questions des électeurs sur « la vraie vie », celle du « quotidien des gens ». Où comment l’on passe brutalement des « quartiers éco-mob » à la cuisson insuffisante des pommes de terre dans les hôpitaux de l’arrondissement. Non, il n’y a pas de petits sujets dans une campagne. Et des grands ?

PS: pour suivre l’intégralité de la campagne des municipales à Paris couverte par les étudiants en journalisme de Sciences Po, allez sur http://muniparis.wordpress.com

« Jeunes actifs » cherchent bel électeur pour « redynamiser » l’est parisien

Ils ont plus de 30 ans, ce qui les exclut mécaniquement du club des « Jeunes Pop ». Ils ne sont pas encore installés dans leurs 45 ans et ne bénéficient donc pas de réseaux sociaux-professionnels solides qui pourraient les lancer en politique. Alors ils ont créé il y a deux ans le club intermédiaire, « Jeunes actifs« , pour fédérer les militants UMP encore pas trop vieux et qui découvrent tout juste sur le terrain le « travailler plus pour gagner plus ». De jeunes sarkozystes dynamiques, souriants et propres sur eux, qui rêvent d’installer Françoise de Panafieu à l’Hôtel de Ville comme ils ont propulsé leur champion à l’Elysée l’an dernier.

Les « Jeunes actifs » du 12ème arrondissement sont presque aussi cools que les jeunes groupies de Delanoë, d’ailleurs ils organisent des « cocktails dinatoires » dans des bars mexicains à Bastille, c’est dire… Ainsi, mercredi dernier (16 janvier), ils s’étaient rassemblés au Chihuahua, boulevard de Bastille, le long du port de l’Arsenal, pour présenter, avec Madame de Panafieu, les têtes de liste UMP de l’est parisien, dont leurs héros locaux, Jean-Marie Cavada et Christine Lagarde, respectivement numéro 1 et numéro 2 dans le 12ème. L’est parisien (10ème, 11ème, 12ème, 13ème, 18ème, 19ème, 20ème), rappelons-le, c’est l’exact opposé de l’ouest, un point cardinal où la droite, s’étant fait laminée en 2001, ne contrôle aucune mairie. Il va donc y avoir du boulot !

Mais quand on en est jeunes et actifs, on n’a peur de rien… Pas même de faire du 18ème (fief de Bertrand Delanoë, Daniel Vaillant et d’un certain Lionel Jospin) un « cimetière des éléphants » ! Bon courage, donc. Pour le reste, on veut « réveiller » des quartiers endormis, « redynamiser » le tissu économique et social, favoriser un « urbanisme attractif », et passer un coup de balai sur des « trottoirs jonchés de détritus ». Vous ne le saviez pas encore, les « Jeunes actifs » vous le révèlent : Paris est une ville dortoir, sale et moche… Expliquez-nous!

J’ai demandé à Christine Lagarde s’il fallait construire des tours à Paris, notamment le long du périphérique. C’est un sujet sensible sur lequel aucun état-major politique ne donne de lignes claires, de peur d’effrayer des électeurs nostalgiques du bon baron Haussmann. La ministre de l’Economie et des Finances (qui se targue sans sourciller de « travailler et habiter dans le 12ème », cf appartement de fonction à Bercy), répond avec conviction, large sourire et foulard Hermès noué, mais pas trop…

J’ai demandé grosso modo la même chose à Jean-Claude Beaujour, tête de liste dans le 20ème arrondissement. Il semble sur la même longueur d’onde.

Je suis allé voir Zahava Drogoczyner, dont le statut UMP est à la limite de l’irrégularité : elle travaille (inspectrice du Trésor Public à Bercy) mais n’a que 27 ans. Jeune Pop ou Jeune active ? Les deux mon capitaine, et on n’en parle plus. Ca va pour cette fois, mais qu’on ne vous y reprenne pas. Elle paraît surprise que Christine Lagarde soit favorable à des tours, ou du moins à une modernisation de l’architecture. Pour Zahava, les tours c’est niet. Passent encore dans le 13ème. Mais dans le 12ème, impossible. Ca « défigure », dit-elle :

Mme de Panafieu a-t-elle une chance d’attirer les jeunes, auprès desquels M. Delanoë est très populaire ? Zahava veut y croire. Soulevez le rideau de fumée de la « comm » de Monsieur le Maire et voyez plutôt. Un exemple ? Paris-Plages :

Retour à Beaujour. Comment on « redynamise l’activité », monsieur le candidat ?

Jean-Marie Cavada n’a pas souhaité répondre à ma question sur l’urbanisme. Il m’a dit « ouh la la, mais on peut pas répondre à des questions aussi complexes comme ça en 2 minutes ». Et puis vous pensez bien, il s’était levé à 6h ce jour-là donc il était « l’heure de fermer les volets ». Naïvement, je croyais que ce genre de recontres était l’occasion pour les candidats de répondre aux questions des citoyens. Bizarre pour un ex-journaliste. Il doit préférer poser les questions, au fond. Enfin, il m’a enjoint à le rencontrer un de ces quatre dans sa permanence de campagne. Savez-vous où elle se situe ? Réponse en chanson :

Tiens, pour la blague… Pour ceux qui se demandaient encore à quoi servait Christine Lagarde au gouvernement :

A bientôt dans le 12ème !

PS: pour suivre l’intégralité de la campagne des municipales à Paris couverte par les étudiants en journalisme de Sciences Po, allez sur http://muniparis.wordpress.com

Les petits commerces, oubliés de « Soldes by Paris »

Des circuits branché, insolite, chic, romantique et créatif… Voilà comment la capitale met en scène les soldes 2008 pour attirer les touristes ! « Soldes by Paris » est lancée à grands renforts de communication par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Mais si les grands magasins en tirent largement bénéfice, pour les commerces de proximité, en revanche, les effets attendus tardent à se faire sentir… Ecoutez plutôt !

Kids applaud smoking ban in cafés. And of course they’ll never light up a cigarette

Three weeks ago, you would have never met Victor, aged 5, having dinner in Café Charbon, located in the trendy area of Oberkampf, in Paris. At 9.30 pm in 2007, as breathing was difficult because of the smoke-filled room, his parents did not bring Victor inside. A new population of young kids with parents has seemingly been emerging in bars and cafés of the city since the smoking ban in all public establishments came into force on January 1st. “As smokers, the law is a bit harsh to us. But as parents, we definitely approve it. Now, it’s an easy time to go out with our son,” the mother observes, confessing she is eager to leave the café to light up a cigarette, at last.

Her boyfriend used to live in New York City where smoking ban in is an old affair so he has no difficulty taking new habits. And although he smokes almost twenty cigarettes a day, he has always been careful toward his boy. “I hate smoke because it smells bad,” Victor expresses. “But Daddy always smokes into the kitchen to make me keep away of that.

Victor is not the youngest of those new “customers”. “On Sunday afternoon, the café is full of babies in pushchairs and I can swear you hear them screaming and crying!” observes the waitress, known in the bar as “Mimi from Charbon”.

On Wednesday afternoon, best known as kids’ day, Laura, aged 7 “and half”, is roaming around the Café Conti, in Saint-Germain-des-Prés area, while her father is having a coffee & cigarette time on the terrace before the movie they came to see starts. “I prefer staying inside because I can’t stand smelling Daddy’s smoke.” She swears she will never start smoking. “I already tried Mum’s pipe, but not on purpose of course! It made me choking. Above all, I know it’s really bad for health.

Laura got aware of the smoking ban on TV news. But she does not believe it will make her father stop smoking. “The only means to make it possible would be hiding his tobacco away. That is what my auntie suggested!” And what for those who do not abide by the law? Laura is convinced an ingenious system exists: “Imagine a special card which identify cheaters. They would be obliged to wear it so that tobacco sellers prevent them from buying cigarettes. As a result, they would stop smoking!” Is not levy-system easier? “Only for those who purposely smoke inside cafés! And they’ll have to pay 2,000 euros.

It is right the moment her father comes in. Claude Marie is angry at the new law, since he regards it as “a diktat imposed by non smokers, as stupid as former smokers’ diktat.” As a nursery auxiliary for social SAMU, he does not envisage bringing her daughter more often in cafés. “Based on my work experience, I know alcoholism is the real plague among the youth. So I don’t want Laura to take bad habits by frequenting such places,” Claude Marie says, before pointing out “the state, by struggling against cigarettes, is concentrating on the wrong fight.

To Laura, smoking and drinking are just about the same silly affair. “It is like bread and butter: it has to go altogether! It’s why I’ll never drink as well.” Dad can feel reassured.

Pouvoir d’achat at a deadlock: “Euro is the reason, Sarko can nothing”

It is not even 7.30 am this Wednesday and dozens of shoppers are already queuing in front of the still closed Boulevard Haussmann grands magasins, in Paris. They are all looking forward to launching the winter sales and getting the best deals, right from the opening at 8.00. It could be a lot of fun but this year, the sales period looks gloomier than usually. “My budget is tight since cost of living has seriously increased recently. I plan to spend only 200 to 300 euros to buy clothes for my wife”, regrets Zuhair, a 36-year-old waiter.

For the past few months, according to polls, the French’s main preoccupation has been their pouvoir d’achat (purchasing power or so) they feel it has steadily decreased. As his strategy on this hot topic was put into questions at a news conference held yesterday, President Nicolas Sarkozy admitted his room of manoeuvre to turn the situation over was rather limited. Whereas he has been being presented himself as the president of pouvoir d’achat so far, Sarkozy ironically reacted asking journalist whether he should “empty public treasury that was already empty” or “command companies whilst he had no power on them”.

Public opinion is said growingly angry at presidential action, yet Sarkozy’s powerlessness appears obvious on the ground. “I do not think he can anything. There is no miracle drug! Instead, solution comes from individual behaviour: one should work longer and make one’s best to enjoy a ascending career”, Zuhair suggests. French born Filipino Teofila, aged 58, granted with a 150-euro budget for sales, thinks the same. “Food prices go up, notably meat, but that the way it is. There is nothing to do”. Really? “Oh yes, we should turn back to the franc, but it is impossible!”

On the sidewalk this morning, the European single currency, introduced in 2002, is unanimously condemned as the true responsible for the melting wallet. “I remember I could last one week with 500 francs. Now, 100 euros sounds to me like 15, I spend it in one single day”, observes Inzatou, a 32-year-old social worker, mother of four children for whom each end of month is strenuous. “I do not understand why the media emphasize so much about pouvoir d’achat this days! I have not seen any change recently: prices really started soaring when the euro came in, that’s it”.

Whereas everyone blames the euro, there is nobody to consider getting rid of it. “Leaving the Eurozone would be a fantasy. But I obviously do not see what has to be done. Increasing salaries? If prices follow the rise, it will be useless!” believes Philippe, a rural dweller from the Tours region, aged 39, who always make the trip to Paris for sales but enjoy living outside the city. “As I live in a small village in countryside, I am less tempted of spending money than people here. I guess life is very expensive for Parisians who are attracted to come out anytime.”

Let us all emigrate to rural areas? The situation looks inextricable, no one having an idea in mind about the way to resolve the problem. “Sarkozy is at power, I am sure he can make prices go down if he has the will. I have no clue how but he can”, affirms Inzatou, who is alone to want to believe in a political outcome. But all hurry to forget their diminished pouvoir d’achat as a countdown announces the imminent opening of the doors, before rushing inside the shops. “If their boss knew they were already here at 8…” makes fun a white-collar passing by with his suit-dressed colleague laughing.

Quand l' »humanisme » légitime le néocolonialisme

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Edifiant numéro du magazine « Pièces à conviction« , diffusé dimanche soir (6 janvier) sur France 3, consacré à la catastrophique « opération humanitaire » menée par l’Arche de Zoé au Tchad à l’automne dernier. A la vision du document réalisé par la journaliste Marie-Agnès Pèleran (cultivant l’ambiguité d’avoir été à la fois journaliste sur place et l’une des mères d’accueil des prétendus « orphelins du Darfour »), et plus encore par la contre-enquête réalisée par France 3 et le témoignage sur le plateau d’Estelle Frattini, autre mère d’accueil contrariée, c’est un sentiment de colère et de honte qui prit le téléspectateur. Au fond, il apparaît évident que l’unique et très court argument, sans cesse répété par les défenseurs d’Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch pour justifier leurs actes inadmissibles, se fonde sur l' »humanisme » dont étaient épris les initiateurs du projet. Humanisme naïf, humanisme aveugle, humanisme coupable, en vérité, car cette belle idée d’humanisme, déclinée en véritable religion de l’humanitaire, en vogue parmi ceux qui s’époumonnent à vouloir « sauver les enfants d’Afrique » n’a que faire d’une réalité humaine toute simple, aux antipodes de postures idéologiques : un enfant, Tchadien ou Soudanais, orphelin ou pas (la question n’est même pas là), n’a pas à être enlevé par des étrangers à l’insu des autorités d’un pays puis rappatrié dans un autre pays où l’on suppose, avec autant de hâte que de maladresse, qu’il y vivra plus heureux. A cela, il n’existe aucun argument valable et raisonné à opposer.

Ce propos ne remet évidemment pas en cause, de façon générale, le travail de long terme de certaines ONG sérieuses qui opèrent sur le terrain des missions d’aide au développement parfaitement légitimes dans des pays en grande difficulté.

En comparaison, quelle légitimité autorise Eric Breteau et Emilie Lelouch à affirmer que la France est un meilleur terrain d’avenir pour ces enfants « en détresse » ? Estelle Frattini se dit convaincue, sans sourciller, face à une Elise Lucet consternée, qu’elle ferait une meilleure mère pour l’enfant qu’elle devait accueillir que celle qui l’élève depuis sa naissance, quitte, à gros traits, à le lui arracher. De sa bouche, on comprend à demi-mots que, c’est à peine exagéré, « les Africains n’ont pas les ressources suffisantes pour faire s’épanouir ses petits ». Balayé du revers de la main, l’amour que peut recevoir un petit Africain de ses parents. Celui-là ne compte pas vraiment en terrain pauvre. Emilie Lelouch, dans le document de Marie-Agnès Pèleran, lâche carrément le morceau : « ce sont des Noirs, on est un peu dépassé, on ne peut pas comprendre leurs critères pour élever un enfant ». Comprendre : « l’amour parental chez les Noirs, c’est pas pareil que chez nous ». Ce qui sous-tend ces affirmations fallacieuses n’est ni plus ni moins que du racisme au sens où elles établissent implicitement une hiérarchie européocentrée des « races » (notion dont les scientifiques ont depuis longtemps démontré qu’elle n’avait aucun sens), les Blancs étant dotés d’une éducation supérieure qui légitimerait parfaitement une mission civilisatrice au sein de peuplades arriérées.

En clair, on reprend exactement la même idéologie qui a prévalu à la course au colonialisme menée par les Etats européens au cours des 19 et 20ème siècles. C’est comme si aucune réflexion n’avait été menée depuis les propos de Jules Ferry adressés devant la Chambre des Députés en 1885 : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

L’Arche de Zoé voulait, par son « projet humanitaire », « civiliser » des enfants unilatéralement déclarés en situation de détresse. La fin justifiant les moyens, Eric Breteau et Emilie Lelouch se sont outrageusement permis de maquiller l’identité de ces enfants, faisant croire à des orphelins alors qu’ils avaient vu, pour certains, les parents de leurs propres yeux, et ils leur ont caché jusqu’au dernier moment le but ultime de l’opération, l’enlèvement vers l’Europe. Voilà, au nom de la « mission civilisatrice », ce que ces individus peu scrupuleux ont été prêts à faire. Rappelons-nous que c’est au nom de cette même « mission civilisatrice » que les grands empires coloniaux européens irent jusqu’à piller les ressources et diviser les nations dans une Afrique qui paie encore les lourds tributs de ces décennies d’exploitation.

Ne pas céder à l’angélisme et garder son sens critique à l’évocation du terme « humanitaire », désormais galvaudé, voilà ce que proposait l’émission de France 3 (consultable sur le site Internet de la chaîne et rediffusée dimanche prochain, le 13 janvier, à 20h50 sur France 5). Et, passées la colère et la honte, cela faisait du bien.