Merci, Amérique

Il est 2h du matin et je devrais aller me coucher après cette folle et épuisante journée qui a commencé à 6h ce matin. Mais ce que je viens de vivre ce soir est tellement fort et unique que mes nerfs me tiennent éveillés. Ce mardi 4 novembre 2008, depuis mon petit Missouri, je crois avoir touché du doigt ce qui nous fascine aux Etats-Unis. “S’il y en a ici qui doutent encore que l’Amérique soit le pays où tout est possible, qui se demandent si les rêves de nos fondateurs sont toujours vivants, qui remettent en question la force de notre démocratie, voilà votre réponse” : ce sont par ces mots que le futur Président Obama a entamé son discours de victoire à Chicago. Des rêves de liberté et de démocratie qu’aujourd’hui les Américains ont si bien su honorer.

Il y avait quelque chose d’émouvant à les voir voter, toute la journée. Ils semblaient prendre leur destin en main et tourner définitivement la page de “l’une des plus sombres périodes de (leur) histoire”, comme me l’a décrit une femme ce soir. Comme si, malgré leur affaiblissement par 8 années de présidence désastreuse, ils parvenaient à se soulever, pour remettre leur pays sur les rails. Parce que ces rêves de liberté et de démocratie sont leur raison d’être.

Ce soir, George W. Bush semble déjà loin, oublié, comme le mauvais souvenir d’une double erreur : mathématique en 2000, de jugement en 2004. Les Américains viennent d’élire un nouveau président qui leur ressemble, porteur d’espoir et de l’American Dream. Le premier président “noir” des Etats-Unis, venu d’un milieu modeste. Celui que personne n’attendait, dont rien ne prédestinait à la Maison Blanche. A voir leur émotion ce soir, c’est sûr, ils sont prêts à le soutenir et l’aimer, comme un président dont ils sont fiers. Et, dans 4 ans, ils jugeront s’il vaut la peine d’être reconduit. On l’oublie trop souvent, tout le monde n’a pas cette chance. Il n’y a pas à dire, en politique, comme au cinéma et ailleurs, les Américains ont un certain talent pour nous raconter des histoires.

Pour donner une idée de l’ambiance hier soir au “Blue Note” (salle de spectacle de Columbia), j’ai “capturé” cette vidéo avec mon petit appareil photo amateur. La lumière est très mauvaise, mais quand même, ça donne des frissons !

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